samedi 29 mars 2008

Soubetsukai no1

Pour marquer la dernière semaine de mars et le début des grands chamboulements du printemps, nous sommes sortis fêter, tout en incluant les gens de Gaia et la gentille dame, appelons-la Lady-san, qui fait la voix de l’audioguide.
Parenthèse afin d’expliquer les chamboulements du printemps : chaque année au printemps les employés gouvernementaux, préfectoraux et municipaux qui occupent le même poste depuis 2ans ou plus changent d’emploi. Cela créé un mouvement de masse le premier avril, alors qu’environ la moitié des fonctionnaires à travers le pays changent de bureau.
De cette manière, chaque employé fait l’expérience de plusieurs postes et de plusieurs secteurs et devient en quelque sorte généraliste.
Ce grand ménage du printemps donne aussi lieu à d’innombrables soubetsukai, telle celle qui a eu lieu il y a quelques semaines en l’honneur de notre Bu-cho (voir bye bye bu-cho).
Ce vendredi, nous sommes donc allés prendre un verre pour souligner le départ de Yuki-sama qui quitte la région et déménage avec son fiancé, et d’Akagi-san, qui joue à la chaise musicale avec les autres employés de la ville.
Comme à toutes les sorties de bureau jusqu’à maintenant, il y eut baguettes dans le nez, danse de poulet et autres expressions imbibées d’alcool dont voici quelques photos (compromettantes). :)


























jeudi 27 mars 2008

Le Centre d'Information de Tanabe

Dans le cadre de ses ateliers de formation sur la communication interculturelle, le bureau a organisé une session de formation avec les bénévoles qui travaillent au Centre d’Information de Tanabe (tout près de la gare de Kii-Tanabe).
Pour que cette formation soit plus « vraie », Brad m’a demandé de jouer la touriste afin de tester les nouvelles compétences des bénévoles. La plupart d’entre eux ne me connaissant pas, j’étais l’actrice idéale.
(Mentionnons que la moyenne d’âge de ces bénévoles est de 80ans.)
(Aussi, à noter que l’équipe de tournage, c-à-d. caméraman et directeur, de Gaia est présente et suit Brad .)
Donc, j’arrive à l’heure prévue, et je fais mine d’être surprise par la quantité de gens (15 bénévoles, l’équipe de tournage et l’équipe du bureau) qui sont attroupés dans le petit bureau d’information.
Le tour est joué – les 15 bénévoles s’énervent et gigottent en disant « Okyakusama kita! Kita, gaijin no okyakusama kita! » (Une cliente! Une cliente étrangère est là!). Une brave dame se place, prête, derrière le comptoir. Je lui demande où se trouve l’auberge de jeunesse (en anglais). Cette question est accueillie par un concert de « youth youth youth » alors que la dame me pointe un endroit sur la carte.
C’est alors que Brad hurle « au suivant !», et un grand rire éclate : ils comprennent que je ne suis pas une vraie cliente :)

Durant une bonne demi-heure je pose des questions du genre « Où est l’arrêt d’autobus » et « Quel est un bon hôtel où passer la nuit à Hongu ». Le tout est filmé et les bénévoles semblent bien s’amuser. L’essentiel est qu’ils utilisent les outils (cartes, graphiques, listes) en anglais que le bureau leur a fourni à cet effet.
Comme question finale, je demande à un oji-san (monsieur âgé) s’il y a un restaurant dans le coin qui offre un menu en anglais, car j’ai vraiment très faim.
Le oji-san me montre un carte incluant les restaurants du centre-ville et leur plats principaux. Il m’explique qu’un restaurant en face de la gare offre un menu en anglais. Je fait mine de ne pas comprendre et il m’escorte dehors en me pointant le chemin. Et il m’accompagne, continue de me pointer le chemin. Nous traversons la rue. Puis un autre rue. Tout ce temps, le caméraman nous suit en riant.
Le oji-san me mène jusqu’au restaurant. Puis, il entre et va parler au chef. Il m’apporte le menu en anglais, et me pointe un plat. Quand je dis ok, il dit au chef de préparer le plat!
« Ano……. » (heu……) dis-je un peu hébétée, « ce n’est qu’une répétition, je n’ai pas vraiment faim. »
Et le oji-san de me regarder tout surpris : « Tu parles japonais toi????? »
Ils ont bien ris, les autres bénévoles – pauvre oji-san, il était seul à ne pas avoir compris que c’était une répétition. Une chose est sûre par contre, il était prêt à bien accueillir les visiteurs!

dimanche 23 mars 2008

Tenjinzaki


À quelques 15min de vélo du centre de la ville de Tanabe se trouve le cap Tenjinzaki, donnant sur la baie de Tanabe, et qui a été préservé dans son état naturel.
J’ai décidé d’aller y faire un tour un peu plus tôt aujourd’hui, malgré le temps qui semble osciller entre tempête et soleil.
Tenjinzaki est un cap surplombé d’une colline. Une vaste plage rocheuse (en marée basse) s’étend du pied de la colline, et mène jusqu’à une petit île.
Tenjinzaki a été le premier « National Trust » du Japon (un site naturel qui est acheté par les habitants de la région afin de le protéger).










vendredi 21 mars 2008

Le Ryokan : comment apprivoiser les pantoufles

Avant de tomber sur le sculpteur à la tronçonneuse, nous nous trouvions, Brad, un agent touristique anglais et moi en train d'explorer plusieurs petites auberges du district de Ryujin - petite communauté du nord de Tanabe. Ryujin est aussi le site d'une source chaude reconnue comme étant l'une des trois «Bijin no yu» (eau de beauté) du Japon. Cette eau a une texture soyeuse tellement elle est riche en minéraux : une excellente thérapie pour la peau.
Nous avons visités trois Ryokans de styles différents. Le Ryokan ou auberge traditionnelle japonaise se distingue du «Business Hotel» en ce qu'elle privilégie la détente. Il faut d'ailleurs enlever ses chaussures et enfiler des pantoufles dans la plupart des Ryokans dès le hall d'entrée! (Parenthèse : certaines pantoufles sont vraiment glissantes et tentent de s'échapper à chaque fois que je monte un escalier. J'ai déjà fait voler une pantoufle à 5 mètres plus loin... Elles ne m'aiment pas... mais je saurai bien les apprivoiser un jour!)
Les chambres sont généralement de style japonais (Washitsu), c'est-à-dire que le plancher est recouvert de tatami et le mobilier est constitué d'une table basse et de quelques chaises (le personnel de l'auberge sort le futon au coucher du soleil et le range durant le repas du matin). Certains Ryokans offrent toutefois quelques chambres de style occidental (avec des lits et un plancher de bois ou de tapis).

De manière générale, une nuitée au Ryokan inclus le repas du soir et celui du matin, ainsi que l'accès au Onsen (si Onsen il y a). Les repas sont bien sûr aussi de style traditionnel japonais (Kaiseki Ryori), comprenant une succession de petits plats de toute sorte. Pour le repas du matin, on sert habituellement du poisson, du tofu et du gruau de riz, ainsi que quelques fruits.Les ryokans que nous avons visités étaient tous très accueillants. Le premier, Kamigoten, était très impressionnant puisque la même famille est à la tête de ce Ryokan depuis 29 générations!! Kamigoten était à l'origine, il y a plus de 600ans,
la résidence de l'empereur lorsqu'il séjournait dans la région. Le bâtiment actuel a été reconstruit après un incendie vers la fin du 19e siècle.
Ci-dessous : l'entrée de Kamigoten.

Autre parenthèse : une équipe de tournage qui suit Brad depuis une semaine pour la télévision nationale nous y a filmé alors que nous visitions (Gaia - l'émission sera diffusée le 20 avril!). Nous avons aussi visité une auberge un peu plus moderne, Kirari, qui vient tout juste d'ajouter un pavillon à son établissement. Puis nous avons vu Shimogoten, tout juste à côté de Kamigoten et qui logeait les non-aristocrates séjournant dans la région durant la période Edo (1603-1868). Maintenant aussi complètement revampée, Shimogoten offre des Rotenburo privés sur le balcon de ses chambres! :D
Ci-dessous : estrade de poupées pour le Hinamatsuri, la fête des poupées (fête dédiée au petite filles), dans le hall de Shimogoten.

http://www.shimogoten.com/
http://kirari-ryujin.com/

L'art de la tronçonneuse

Les tronçonneuses servent aux bûcherons (et, dans quelques films, aux massacres aussi). Y a-t-il des bûcherons japonais ? Oui… mais ici, c'est plutôt l'art qu'on associe à la tronçonneuse.
À Tanabe réside le champion du monde de sculpture à la tronçonneuse - Kidokoro-san. Il a gagné le titre de champion du monde trois années de suite et défendra son titre encore une fois en 2008.
Nous nous sommes arrêtés vendredi alors qu'il était en train de sculpter un cheval grandeur nature au grand air.

mercredi 19 mars 2008

Le bain – Onsen 101

Le bain est un rituel au Japon. C'est un fait, tous les japonais adorent prendre un bain. Dans la plupart des maisonnées, la famille au complet prend un bain une fois par jour. Normal vous me direz, mais ce n’est pas pour se laver.
Au Japon, on se lave hors du bain avec une petite douche, le principe étant qu'aucune saleté ni bulle de savon ne doit entrer en contact avec l'eau du bain. Celle-ci est réutilisée par tous les membres de la famille (d’ailleurs, le bain est chauffant et garde l'eau à la température souhaitée), et par la suite cette eau est encore assez propre qu'elle est souvent recyclée pour le lavage des vêtements.
Je ne sais pas d'ou vient cet amour du bain, mais il est sûrement relié, sinon prend sa source (littéralement) dans les Onsen (sources thermales). Le Japon étant un archipel volcanique, son territoire est parsemé de sources d'eau chaude riches en minéraux. Elles sont reconnues pour avoir des propriétés thérapeutiques et rajeunissantes.
Ces sources thermales ont pour la plupart été développées en villes thermales ou complexes hôteliers qui sont visités à chaque années par des millions de touristes de partout au Japon.
Une étiquette particulière est à suivre pour ceux qui visitent un Onsen : comme le bain à la maison, il faut s'assurer d'être complètement propre avant d'entrer dans le bain. La plupart des bains publics ou établissements hôteliers offrent le savon et le shampooing à leurs clients. La plupart des bains ne sont pas mixtes, mais comme à la maison, la nudité est de mise. Pour les bains mixtes, on peut utiliser une serviette de bain pour se couvrir ou un costume de bain (selon l'établissement). Cependant, dans les bains non-mixtes, l'étiquette veut que l'on ne mette pas de serviettes dans le bain.
Cela peut être un peu gênant au départ, mais on s'y habitue très rapidement - l'eau est vraiment bonne et on y devient vite accro!
Les Onsens extérieurs (Rotenburo) sont particulièrement agréables - il fait bon s'y baigner en toute température (pluie, neige et beau temps), et certains rotenburo offrent un panorama tout à fait renversant.
Vous l'avez deviné, la région de Tanabe est reconnue pour ses Onsen, et il est particulièrement revigorant de s'y baigner après une longue marche, comme nous l'avons fait après avoir testé l'audioguide. L'Onsen où nous sommes allés, Wataraze, se targue d'avoir le plus gros Rotenburo de l'ouest du Japon. Se baigner dehors dans cette eau à 55oC, avec un paysage de montagnes tout alentour... détente absolue garantie!
Pour en savoir plus sur le bain et sa signification culturelle, je suggère un petite lecture (en anglais) : «Getting Wet : Adventures in the Japanese Bath» par Eric Talmadge.